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Affichage des articles du février, 2009

Une histoire simple

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Il y eut une fois en Chine il y a trés longtemps, un empereur qui cherchait la vraie loi. Abandonnant toute préoccupation matèrielle, transmettant tout pouvoir à ses ministres, il trouva refuge dans une pagode tout près d'une forêt de bambous. Là il vécut de nombreuses années en silence, méditant nuit et jour. Ce long retrait dans les profondeurs de son âme finit par produire le chie, énergie de la sagesse véritable. On raconte partout en Chine, qu'il fut le premier à enseigner que la nature de la sagesse ne peut pas être enseignée car nul cerveau ne peut percevoir la réalité dans sa totalité. Il parcourut la Chine et transmit cette sagesse, qui ne s'apprend que par soi-même. Son corps était devenu une pure vibration d'amour qui se transmettait aux autres, même à leur insu. Ainsi, les hommes et femmes à son contact reconnaissaient leur essence et changeaient. Ainsi se répand en ce monde la vérité du coeur. Elle ne dépend de rien ni de personne. C'est la divine prov…

Histoire zen

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Nan In était un moine, vivant durant l'ère Meiji. Pour se rapprocher du vrai Dharma, il suivait les préceptes d'un grand maître zen. Il le suivait partout, se comportant comme son ombre, s'oubliant toujours. Lorsque le maître se levait, il se levait. Lorsqu'il faisait zazen, il faisait zazen. Tandis qu'il prenait sa galette de riz et son thé, il prenait lui aussi son riz et son thé. Le maître parlait peu et sa présence seulement suffisait à l'emplir de béatitude et de bien-être. Il vécut ainsi de nombreuses années, espérant pouvoir atteindre un jour l'état de Satori.
Un jour pluvieux son maître se tourna vers lui et lui dit :
" Nan-In, tu me suis partout, comme un chien fidèle. Tes gestes sont mes gestes. Ta parole seule est absente quand la mienne rompt régulièrement le silence. As tu maintenant trouvé le Satori?"
Nan-In considéra son maître en silence. A cet instant, il sentit un vent léger se lever et les nuages disparurent comme par enchantement.…

Désert solitaire

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Ouazhil a terminé sa prière matinale. Il roule son petit tapis puis se ravise. Le vent ne faiblit pas pour l’instant. Autant attendre encore. Il s’assoit sur une pierre plate et se recroqueville, embrassant ses genoux en les enserrant de ses mains. Il pose ses arcades sourcilières contre ses rotules et attend. Le vent a un son multiple. A l’irrégularité du sifflement aigu vient s’ajouter un autre son plus grave, comme l’addition d’échos lointains, qui perdurent. Le croisement des sons fait une mélodie. Bientôt, il entend aussi un sifflement très fin qui semble provenir de son oreille gauche. Les trois sons sont en harmonie. C’est une musique. Oui une musique…la danse du monde, la danse du désert. « Dieu est grand »Dans la mélodie du désert, Ouazhil soudain est sans pensée. Il oublie jusque la mission qui l’amène à Halab. Plus rien n’existe que le désert et le son du vent. Il se sent bien, totalement apaisé. Il est devenu une pierre du désert et c’est ainsi que perdure en lui le senti…

Monts d'or

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Les monts sont enneigés ce jour... Il règne une atmosphère feutrée comme au premier matin du monde. Mes pas craquèlent sous les croutes humides que fait la neige. A cet instant, il y a un grand silence que seul le croassement lointain d'un corbeau vient rompre. J'ai oublié qui j'étais, je crois que je ne suis plus...tous les intants magiques comme celui-ci se révèlent dans ce pas, qui est comme le premier de milliards d'autres que j'ai pu faire...miriade de vies, miriades d'impressions qui se chevauchent dans le miracle de cette journée. Mon âme est en paix...il y a de la joie dans l'air frais du matin, comme un hommage vibrant au créateur, comme une étincelle jaillissant sur terre et qui retourne à sa source...celle qu'évoquait sur ces pages Jean-Jacques Rousseau...La source me nourrit, mon coeur est en paix. La vie est belle. Je laisse l'harmonie du monde m'envahir. Je me sens une infinie gratitude pour mon Père, pour la Mère divine, tout est bie…

Qu'est-ce que l'Être ?

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...A mesure que j'approche en esprit cette éternelle lumière, son éclat m'éblouit, me trouble, et je suis forcé d'abandonner toute notion terrestre qui m'aidaient à l'imaginer. Dieu n'est plus corporel et sensible; la suprême intelligence qui régit le monde n'est plus le monde sensible (...)
Nous ne sommes libres que parce qu'il veut que nous le soyons et sa substance inexplicable est à nos âmes ce que nos ames sont à nos corps. (...)
Enfin, plus je m'efforce de contempler son essence infinie, moins je la conçois. Mais elle est, cela me suffit. Moins je la conçois, plus je l'adore. Je m'humilie, et lui dis : Être des êtres, je suis parce que tu es ; et c'est m'élever à ma source que de te méditer sans cesse. Le plus digne usage de ma raison est de s'anéantir devant toi : c'est mon ravissement d'esprit, ...de me sentir accablé de ta grandeur...
Emile Livre IV , 1762 Jean-Jacques ROUSSEAU
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