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lundi 16 février 2009

Désert solitaire

Ouazhil a terminé sa prière matinale. Il roule son petit tapis puis se ravise. Le vent ne faiblit pas pour l’instant. Autant attendre encore. Il s’assoit sur une pierre plate et se recroqueville, embrassant ses genoux en les enserrant de ses mains. Il pose ses arcades sourcilières contre ses rotules et attend. Le vent a un son multiple. A l’irrégularité du sifflement aigu vient s’ajouter un autre son plus grave, comme l’addition d’échos lointains, qui perdurent. Le croisement des sons fait une mélodie. Bientôt, il entend aussi un sifflement très fin qui semble provenir de son oreille gauche. Les trois sons sont en harmonie. C’est une musique. Oui une musique…la danse du monde, la danse du désert. « Dieu est grand »Dans la mélodie du désert, Ouazhil soudain est sans pensée. Il oublie jusque la mission qui l’amène à Halab. Plus rien n’existe que le désert et le son du vent. Il se sent bien, totalement apaisé. Il est devenu une pierre du désert et c’est ainsi que perdure en lui le sentiment d’unité, le sentiment du sens de ce qu’il vit. Par cet instant soudain, il comprend l’ampleur de sa tâche ...
(Extrait du manuscrit en cours : le combattant d'Alep, (Syrie XIIIème siècle)(tous droits réservés, déposé SGDL)
Bel instant présent à toi, lecteur de ce blog...

dimanche 24 août 2008

Le combattant d'Alep Extrait 3




Deuxième croisade, Juillet 1148, en chemin vers Damas : le jeune roi Baudouin de Jérusalem s'est laissé entraîner dans une croisade improbable contre Damas...Extrait du manuscrit en cours d'écriture en ce moment...



Le jeune roi pense à sa belle cousine qu’il a laissée à la cité sainte…Laurence, qui dans la salle d’Arc était entièrement tournée vers lui lors de la messe du dimanche de Pâques…Dieu ! qu’elle était belle ! Ce regard était l’amour…l’amour pur …
« J’ai reçu de toi une vibration d’amour pur ! » lui avait-il glissé à l’oreille tandis qu’ils marchaient côte –à-côte hors de l’église du Saint Sépulcre…Oh ! que ce souvenir était bon ! Combien il avait aimé cet instant !
La prendre dans mes bras, baiser sa bouche, ses lèvres, caresser des miennes son long cou et la ressentir vibrer de bonheur tandis que je le fais. Fondre mon regard dans le sien…toucher son essence et vibrer à l’unisson avec elle.

(...)
Que se passe-il ? Baudouin est surpris…dans cette vallée qui les conduit vers la guerre, à l’instant où il sent les odeurs des saucisses qui grillent, lui vient cette idée, cette image de sa belle Laurence ? Quelle est donc cette âme qui s’échappe de ce qu’elle a à vivre pour se réfugier dans les pensées du passé…oui, ce regard merveilleux de Laurence, oui cette silhouette gracieuse et la rondeur de son sein vue dans son profil qui lui attirait le regard…qu’est cela ? Ainsi donc, il peut être à la fois dans la vallée de la guerre et avec sa belle ? Comment cela ? Le chemin est-il d’être deux, à la fois présent et passé, à la fois avec Archibald à partager ce repas et en pensée avec Laurence…Mon amour ! tu me manques…tout mon être aspire à toi !


Grand Dieu ! Que ceci est fâcheux…être divisé !
(tous droits réservés déposé SGDL)

jeudi 6 mars 2008

Un conte soufi…


Mulah Nas Redin était un homme pieux
C’était un bon musulman qui ne ratait jamais une occasion de répéter :« Dieu est grand »
Ou encore au coucher…lorsque baisant la joue de son épouse
Il disait à voix haute
« Dieu soit loué de m’avoir donné une épouse si belle ».
Un jour un homme se présenta à lui, annonçant qu’il voulait lui montrer les fleurs du jardin de Dieu.
Il le fit entrer dans sa demeure et lui demanda de lui montrer les fleurs…
L’homme indiqua qu’on lui offre d’abord un repas, disant qu’ainsi ses sens étant satisfaits, il pourrait donner à foisons…Condition à laquelle Mulah Nas Redin consentit.
« Maintenant que tu es repu, peux-tu me montrer les fleurs promises ? »
L’homme sourit et dit que nous étions à l’heure de la sieste et que cela serait fait lorsque son esprit serait apaisé par le sommeil…Mulah Nas Redin consentit et mena le visiteur dans une salle où étaient disposés des sofas pour le repos.
Dans le milieu de l’après-midi, il revint et réitéra sa demande…
« Maintenant que tu as dormi, peux-tu me montrer les fleurs du royaume d’Allah ? »
L’homme sourit et lui dit
« Mon ami, je te les montrerai, lorsque j’aurai pris un bain car il a fait chaud et je crains que les odeurs de mon corps n’incommode le Seigneur »
Mulah Nas Redin consentit encore et demanda qu’on conduise son visiteur aux Hammam. Une heure plus tard, comme celui-ci sortait des vapeurs délicieuses des bains, Mulah Nas Redin revint à la charge
« Me montreras-tu maintenant, les fleurs promises… ?
-Si fait…mais il est tard, il est l’heure de dîner…donne-moi mon repas et je te promets de t’ouvrir grande les portes du jardin du Seigneur ! »
A ces mots, Mulah Nas Redin n’y tint plus, il jeta le visiteur dehors…Il eût tort !
Moralité : le don de Dieu est une grâce…que seule la main de Dieu accorde...sans demande...d'aucune sorte...
(tous droits réservés, manuscrit déposé SGDL)
(http://www.aquaryoga.blogspot.fr © tout droit de reproduction réservé, texte et images, ne pas reproduire sans inclure cette ligne, merci)
 

mardi 26 février 2008

Le combattant d'Alep


Dans la cour-jardin, une fontaine murmure doucement à l’ombre d’un immense palmier bordé de fleurs rouge écarlate et de minuscules bourgeons blancs, blancs comme la neige qu’il a vue sur les montagnes du couchant, irradiant les cèdres de lumière. Ce contraste le touche. C’est comme le sang des combattants qu’il a vu couler depuis un mois bientôt. Et le blanc des bourgeons est le signe d’une promesse : celle de la paix future à laquelle il aspire de tout son cœur. Comment ses enfants pourraient-ils grandir sur une terre de sang, de tortures et de peine ? Comment ses femmes pourraient-elles donner la vie quand tout meurt autour d’elles ?
"…Mes signes ne vous ont-ils pas été communiqués ?
…vaincus par nos divisions, nous sommes un peuple fourvoyé ! …" Les paroles de la sourate vingt-trois Al-Mu’Mimuna (les adhérents) lui reviennent en mémoire en cet instant. Pour accéder aux béatitudes du jardin de Dieu, faut-il donc toujours lutter contre le mal ? Le bien ne pourrait-il être toujours et en tout lieu ? Et le bien n’est-il pas l’amour, l’amour suprême ? Comme son destin lui semblait fâcheux ! Que de noirceurs ! Que de souffrances !
(tous droits réservés, déposé SGDL)